Le sens du mot « thérapeute »
Le mot « therapeutein », en grec, signifie d'abord soigner, prendre soin. Il ne veut pas dire guérir. Cette nuance, je la garde présente à chaque séance : le thérapeute ne guérit pas, il soigne. C'est la nature qui guérit, c'est la vie qui guérit. Le rôle du thérapeute est de créer, ou de permettre, les meilleures conditions pour que la guérison puisse advenir.
Cette phrase, je la dois à Jean-Yves Leloup, et elle a profondément marqué ma manière d'accompagner :
« Le thérapeute ne guérit pas, mais il crée le lieu, le milieu, l'atmosphère, les conditions favorables pour que la guérison ait lieu. Le médecin, au sens majuscule du terme, c'est la nature, et le thérapeute est là pour collaborer avec elle. » Jean-Yves Leloup
Ni sauveur, ni magicien
Cette étymologie déplace quelque chose d'essentiel dans la relation d'aide. Elle sort le thérapeute d'une position de sauveur ou d'expert qui saurait, à la place de l'autre, ce qui doit se passer. Elle le remet à sa juste place : celle de quelqu'un qui prépare le terrain, qui tient un cadre, qui accompagne — sans se substituer au processus de vie de la personne qui vient consulter.
C'est ce que j'entends quand je parle d'un accompagnement pensé comme un art et un artisanat. Il y a un partenariat, une co-création qui s'élabore entre l'accompagnant et l'accompagné. Rien ne se fait sur la personne : tout se construit avec elle.
Prendre soin de la globalité
Je considère le processus thérapeutique dans la globalité de l'être humain, relié au corps, au cœur, au mental et à l'esprit. Prendre soin, dans ce sens-là, ne se limite pas à écouter des mots : c'est aussi inviter à revenir dans la dimension corporelle, qui peut être mise de côté pendant la verbalisation. C'est pour cela que le corps — par la danse, la respiration, le toucher — occupe une place aussi importante que la parole dans les accompagnements que je propose.
Le rôle de l'atmosphère
Créer les conditions favorables, cela commence très concrètement : un lieu stable, un temps posé, une écoute qui ne juge pas, une présence qui laisse la place à ce qui a besoin d'émerger — que ce soit en séance individuelle, en psychodrame, en respiration holotropique ou dans un groupe comme le Groupe Hommes. Le thérapeute n'impose pas de direction ; il veille à ce que l'espace reste sécurisant pour que la personne puisse, à son rythme, retrouver sa propre capacité à se transformer.
« Faire de l'interruption un nouveau chemin, faire de la chute un pas de danse, faire de la peur un escalier, du rêve, un pont, de la recherche… une rencontre », écrivait Fernando Sabino. C'est un peu cela, soigner : transformer ce qui interrompt en un nouveau chemin.
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